A Marmanhac, l’entreprise Combelle utilise uniquement du hêtre pour fabriquer son matériel de puériculture. Une valorisation de feuillus que le CRPF Auvergne souhaite encourager via une étude menée dans le Cantal, le Lot et la Corrèze.
Encore sous-exploitées dans le Cantal, les forêts de feuillus constituent pourtant une ressource abondante, offrant de réelles perspectives économiques pour la filière bois. Dans le Cantal, une entreprise fait figure d’exemple en matière de valorisation de feuillus. Combelle (48 salariés à Marmanhac) réalise du matériel de puériculture composé exclusivement de hêtre. Une longue tradition pour cette entreprise créée en 1926 par le grand-père de Gérard Combelle, l’actuel PDG de la société. « Le hêtre colle parfaitement à nos produits », explique-t-il. « C’est une essence solide, qui se prête bien à la transformation, notamment aux opérations de cintrage, et qui donne de très belles finitions avec une jolie texture et une excellente résistance ».
L’entreprise, qui consomme chaque année 5000m3 de hêtre, s’approvisionne auprès de l’ONF, de coopératives et d'exploitants forestiers, dans un rayon de 100 km autour de Marmanhac (Cantal, Puy-de-Dôme et Corrèze). Parcs et chaises pour bébés, tables à langer, lits, rehausseurs : Combelle réalise une large gamme de produits, vendus à 80% dans les magasins et sites spécialisés, 10% en hypermarchés et 10% à l’export (notamment auprès de l’enseigne espagnole Zara). « Les consommateurs en ont assez des produits en plastique qui se cassent et se dégradent très vite. Le bois, c’est du solide ! D’autre part, les tendances actuelles de consommation favorisent un retour aux produits naturels et sains», explique Gérard Combelle, dont l’entreprise vient de lancer une gamme « finition bio » ainsi que son propre site de vente en ligne.
Pour mieux valoriser les forêts de feuillus dans le Cantal, le CRPF Auvergne (Centre régional de la propriété forestière) vient justement de lancer une étude sur les départements du Cantal, du Lot et de la Corrèze(1). « Les deux tiers de la forêt cantalienne sont composées de feuillus », explique Isabelle Gibert-Pacault du CRPF. « Or le chêne et le hêtre restent peu valorisés par la filière bois. Il n’existe pas vraiment de culture forestière de ces deux essences dans le Cantal, hormis pour l’auto-consommation ». Les causes ? « Une conjoncture difficile, à la fois en terme de prix et de débouchés. Quant au hêtre, il a particulièrement souffert de la tempête de 1999 », souligne Isabelle Gibert-Pacault.
Première étape, actuellement en cours : mieux connaître les ressources locales sur les trois départements. Le second volet de cette étude, prévu en 2012, visera à mettre en place une stratégie de développement des forêts de feuillus, en partenariat avec les acteurs économiques de la filière bois (propriétaires, gestionnaires, exploitants et entrepreneurs). L’objectif étant de faciliter une valorisation optimale des feuillus. « Nous espérons ainsi mettre en place des outils de formation et de démonstrations en direction des professionnels. Ce programme peut faciliter l’apparition de nouveaux produits et conforter l’économie locale », souligne Isabelle Gibert-Pacault.
(1) Financé par le FEDER, le FNADT et le Conseil régional d'Auvergne.
