Dans une SCOP, les salariés détiennent le capital de leur entreprise et élisent leur gérant. Ces entreprises pas comme les autres s’avèrent tout aussi performantes, à l’image de la SAMP à Aurillac.
Original et méconnu, le statut de Société coopérative ouvrière de production (SCOP) reste encore peu développé en France, où près de 2000 SCOP sont recensées (moins de 0,1% du nombre total d’entreprises). Parmi elles, une entreprise aurillacoise : la Société aurillacoise de mécanique de précision (SAMP). Créée en 1985 par quatre anciens employés de Sauvagnat, la SAMP est spécialisée dans la fabrication de moules pour l’injection plastique. Ces moules sont ensuite utilisés par les clients de la SAMP, Auriplast et Lisi Cosmetics par exemple, pour produire l’emballage des plus grands parfums (L’Oréal, Bulgari, Givenchy, Yves Saint-Laurent) mais aussi pour l’automobile (Renault, PSA) ou la pharmacologie.
Reconnue au niveau national pour son savoir-faire de pointe, la SAMP offre un visage original : le capital de l’entreprise est en effet détenu par ses salariés eux-mêmes, qui participent aux décisions stratégiques de l’entreprise. Une partie des bénéfices est répartie entre les salariés, qui ont également accès à de nombreux avantages sociaux (chèques vacances, tickets restaurants, mutuelle,…). « Le fonctionnement de la SCOP s’appuie sur une forte participation des salariés : chacun doit se sentir impliqué dans l’avenir de l’entreprise, puisque nous sommes tous actionnaires », explique Pierre Rolland, gérant de la SAMP. « Une partie des bénéfices est donc reversée aux salariés associés, le reste étant consacré à la consolidation des fonds propres et à l’investissement ».
Comme toute entreprise, la SAMP est soumise à un impératif de rentabilité. A sa tête, un dirigeant (Pierre Rolland, depuis 2004) est élu par les 11 salariés associés pour un mandat de 4 ans. Dessinateur industriel de formation, celui-ci a dû se former à la gestion d’entreprise auprès de la Fédération des Scop de l’industrie. Une fois par mois, tous les salariés se réunissent pour faire un point sur les comptes de l’entreprise, le carnet de commande, la stratégie commerciale, etc. « L’entreprise fonctionne comme un vrai collectif, où les décisions doivent faire l’objet d’un consensus. Cela nécessite parfois beaucoup de temps, mais cette émulation collective est finalement payante !», souligne Pierre Rolland.
Revers de la médaille : quand le bateau tangue, l’équipage doit se mobiliser encore plus ! « Comme toutes les entreprises, notre carnet de commandes en a pris un coup lors de la crise de 2008 », se souvient Pierre Rolland. « Nous avons fait de nombreuses réunions d’équipe avec l’ensemble des salariés. Chacun a été invité à se creuser les méninges pour trouver de nouveaux clients. Finalement nous avons réussi à rester dans le vert en 2009 et nous avons renoué avec les bénéfices en 2010 ».
Les Etats Généraux de l’économie sociale et solidaire se tiennent ce week-end au Palais Brongniart à Paris. Pour en savoir plus : www.pouruneautreeconomie.fr
Vous souhaitez en savoir plus sur les SCOP ? Rendez-vous sur le site très complet de la Confédération générale des SCOP : www.les-scop.coop
LES SCOP DANS LE CANTAL
Outre la SAMP, deux autres SCOP sont implantées dans le Cantal.
SIRVENTES est une agence de développement culturel située à Aurillac (6 employés). Parmi ses activités, l’entreprise produit des artistes de culture occitane (La Mal Coiffée, Du Bartàs, Yves Durand,…). Elle possède également une longue expérience dans l’organisation d’évènementiels thématiques (La Mangona, Cornas&Cornets, Le Grand Débarcadère,…) et dans l’accompagnement de projets.
CANTAL CONSTRUCTION est une entreprise générale de bâtiment qui compte 18 employés à Aurillac. A son actif : la construction de 22 pavillons à Jussac, la transformation d’une grange en salles d’activités et gîtes au Vigean ou la réhabilitation et l’extension d’une maison de retraite à Chaudes Aigues.